Le Gabon franchit une étape décisive de son processus politique. Ce mardi 16 décembre 2025, la clôture officielle du Sénat de la transition met fin à une séquence institutionnelle ouverte après les événements du 30 août 2023. Deux jours plus tard, l’installation du premier Sénat élu de la Ve République consacrera le retour à un fonctionnement constitutionnel normalisé.

Mis en place dans un contexte exceptionnel, le Sénat de la transition est arrivé au terme de sa mission. Sa dissolution marque ainsi la fin d’un régime d’exception. Elle ouvre surtout la voie à une architecture institutionnelle fondée sur la légitimité électorale, la séparation des pouvoirs et la stabilité républicaine.

Un rôle central dans la refondation institutionnelle

Installé en octobre 2023 et présidé par Paulette Missambo, le Sénat de la transition a occupé une place centrale dans la refondation de l’État. D’abord pensé comme une chambre de stabilisation, il a œuvré à restaurer la crédibilité des institutions publiques. Ensuite, il a contribué au renforcement de la gouvernance et à la restructuration du cadre juridique national.

Parmi ses actions majeures figure la révision de la Charte de la transition. Cette réforme a porté le nombre de sénateurs à 70. Elle a également relevé l’âge minimum d’éligibilité à 50 ans, afin de privilégier l’expérience et la maturité politique. Par ailleurs, sur le plan législatif, la chambre haute a participé à l’adoption de textes structurants. Il s’agit notamment du code électoral, de la loi sur les partis politiques, de l’encadrement des emprunts de l’État et du transfert de compétences vers les collectivités locales.

Clôturer la transition, assurer la continuité républicaine

Aux côtés de l’Assemblée nationale de la transition, le Sénat a surtout joué un rôle déterminant dans l’adoption de la nouvelle Constitution, pierre angulaire du retour à l’ordre constitutionnel. Au fil des sessions, les sénateurs ont examiné et voté des lois touchant aux droits humains, à l’organisation territoriale, à l’économie et à la fonction publique.

Le 19 décembre, le président élu du Sénat de la Ve République présidera la séance solennelle qui scellera symboliquement le passage de relais entre la transition et le nouveau régime constitutionnel.

Une nouvelle page politique pour la Ve République

Le Sénat qui s’installera dans la foulée reflète un nouveau rapport de forces politiques. L’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), parti présidentiel, disposera d’une majorité confortable avec 47 sièges sur 70. Une configuration qui permettra d’accompagner les réformes portées par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.

Toutefois, cette nouvelle phase ouvre aussi un défi majeur. Désormais, la crédibilité de la Ve République se jouera dans la capacité du Sénat élu à exercer pleinement ses missions de réflexion, de contrôle de l’action gouvernementale et d’équilibre des pouvoirs. Si la transition est désormais close sur le plan institutionnel, l’exigence démocratique, elle, ne fait que commencer.

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